| |
Don
du Sang
Vous
pouvez réagir à cet article en cliquant ici !
(Article rédigé en Mai 2003,
toujours d'actualité)
Les
établissements de collecte du sang en France manquent cruellement
de matière première : des donneurs. Alors,
évidement, ce manque s'explique par des raisons scientifiquement
évidentes : est exclue du don, toute personne ayant un risque
majoré de posséder un sang "impur" : gastro-entérite
récente, contact récent avec un sujet porteur d'une
hépatite, multipartenariat sexuel, changement récent
de partenaire sexuel, utilisation de drogue par voie intraveineuse
ou nasale, extraction dentaire & etc. & la liste est très
longue. Là où ça devient surprenant, c'est
que dans cette liste on trouve "l'homosexualité"
!
L'homosexualité a en effet été ajoutée
à cette liste depuis l'affaire du sang contaminé par
l'EFS (Établissement Français du Sang). Donc, on peut
se dire que le fait "d'être homo" entraînerait
un risque accru d'avoir un sang "impur" ?
Surpris
par une telle discrimination (qui s'affiche sans honte un peu partout
où les services français de collecte du sang se déplacent),
je contacte l'EFS ("Etablissement
Français du Sang"), et les interroge sur
le sujet. Voici leur réponse :
"Les statistiques épidémiologiques récentes
montrent que les pratiques homosexuelles masculines (Comprenez
"rapports sexuels entre hommes", l'amour n'est pas en cause
ici & Ouf) présentent encore de nos jours un risque majoré
d'exposition à une infection transmissible par transfusion, elles
sont donc aussi une contre indication au don de sang."
Evidemment, aucune étude ne montre que les rapports sexuels entre
hommes engendrent plus de risques que les rapports hétérosexuels.
De plus, le fait d'être "homo" n'engendre pas un "style
de vie" particulier comme le laisse entendre l'EFS & et donc,
encore moins des "pratiques".
L'EFS tente ici de montrer que l'interdiction est tolérable,
"grâce" à l'argument selon lequel les homosexuels
constituent un "groupe à risques", il s'agit
de moyenne, pas de cas particuliers. Cependant, même en admettant
que les "homos" constituent un groupe "plus à
risque que la moyenne", la liste des contre-indications permet
à elle seule d'exclure TOUTE personne à risque. La
discrimination faite envers les "homosexuels" n'a donc aucun
fondement scientifique, mais constituerait seulement un jugement
d'une moral douteuse (Pour exemple, personne n'envisagerait d'exclure
les hommes hétéros sur la base des ces même constatations
: les hommes hétéros sont pourtant plus "à
risque" que les femmes hétéros !).
D'autre part, les "statistiques épidémiologique récentes",
sont en réalité interprétées avec un manque
d'objectivité liée aux ravages et au traumatisme qu'a
constitué l'apparition du virus du sida.
|
| En
France, selon le bulletin épidémiologique hebdomadaire
édité par le ministère de l'emploi, en 1999,
on observe que parmi les malades, 41% sont hétéros, 29 %
sont homos et 16% sont des usagers de drogues injectables. Ces modes de
contamination représentaient respectivement 35%, 34% et 19% des
cas de Sida diagnostiqués en 1997 (soit seulement 2 ans auparavant).
On observe également une très forte baisse de contamination
chez les homos sur période 1985 - 1999. |
|
De
même, en Belgique, selon le très sérieux
Eurostat (institut statistique de la Communauté Européenne),
s'il est vrai qu'en 1985, 15% des personnes malades étaient
des usagers de drogue par intraveineuse, 61% des homosexuels et bis
masculins et 8,9 % des hétéros, les données de
2001 démontrent un clair renversement de la vapeur avec
33,2% de malades usagers de drogue par intraveineuse, 36,5% d'hétéros
et seulement 19,1% d'homosexuels et bis "mâles".
Vous trouverez les chiffres
pour la France en cliquant ici
D'après ces chiffres, on peut donc conclure qu'aujourd'hui,
l'épidémie se développe beaucoup plus rapidement
chez les hétérosexuels (+ 410% en 15 ans) que chez les
homosexuels et bis, où elle régresse (- 68% sur la même
période), et où on constate un taux très faible
de nouveau cas avérés. Aujourd'hui, les hommes homosexuels
ou bis ne peuvent donc pas être considérés comme
des personnes plus à risque que les hétérosexuels.
Depuis 1997, on peut même affirmer que la contamination hétérosexuelle
est le mode le plus fréquent de contamination. On peut donc aller
jusqu'à démontrer que les hétérosexuels
constituent le groupe le plus risqué dans la mesure où
les nouvelles contaminations sont beaucoup plus "à
risque" lors du don de sang, parce que plus difficile à
détecter que si la personne était contaminée depuis
plusieurs années.
Les responsables de la Croix Rouge d'Andorre ont, à
de nombreuses reprises, dénoncé la décision de
la France d'exclure les homosexuels du don du sang et de désigner
les gays et lesbiennes comme des populations à risque notamment
en ce qui concerne le Sida, mais aussi les hépatites et maladies
vénériennes. Pour elle, "la sélection
et le contrôle sanitaire du sang doit prévaloir sur l'exclusion
discriminative des personnes pour cause d'orientation sexuelle",
et une "infraction aux Droits de l'Homme est commise lors
de la discrimination des donneurs homosexuels".
M. Charpy (responsable national de l'Etablissement Français du
Sang), dans un entretien avec des associations LGBT, s'est
déclaré prêt à revenir sur les critères
d'exclusion au don du sang, reconnaissant que ceux-ci étaient
"mal rédigés et stigmatisant"
& On attend toujours &
Alors,
pour couper cours aux préjugés, rappelons le, scientifiquement,
seules les pratiques sexuelles à risque (non protégées,
à partenaires multiples, ou avec un partenaire unique depuis
moins de 6 mois), peuvent êtres prises en compte comme élément
d'appréciation des potentiels donneurs et non l'orientation
sentimentale et/ou sexuelle ! (A cela, il faut évidemment
ajouter tous les motifs scientifiquement valable que vous retrouverez
sur le site internet
d'EFS)
Rappelons également, que l'honnêteté des donneurs
sur ces pratiques (selon le questionnaire prévu à cet
effet) peut empêcher de prélever du sang contaminé.
De plus, tous les dons de sang sont testé préalablement
et jamais mélangés, évitant ainsi les dons de personnes
contaminées. Le seul risque (indépendant de l'orientation
sentimentale) vient du fait que des dons peuvent être réalisés
sur une période où on ne peut pas encore détecter
la maladie chez le donneur, alors qu'elle est bien présente
dans le don collecté, mais (pour ne pas créer de psychose)
selon l'Institut Pasteur, en 1996, seuls trois pochettes de sang sur
320.000 données à la Croix-Rouge contenaient le virus
du sida (soit 0,0009% du total).
|
|
|
En donnant votre sang vous permettez à de nombreuses personnes
de continuer à vivre & Si vous ne le faites pas pour vous,
faites le pour tous les homos qui n'ont officiellement pas le droit
de donner leur sang parce qu'ils sont "homos", et ce, même
si ils sont engagés dans une relation de couple fidèle,
ne se droguent pas, etc...
|
| |
|
|
|
|